Germanophobie : les mots ont un sens

Cette évidence semble de moins en moins en être une dans le quotidien de notre vie politique.

Il y a les mots dont on use et abuse au point de les vider de leur sens. Pensez au mot « choc » par exemple qui, à force d’être convoqué, ressemble aujourd’hui davantage à une pichenette qu’à un coup de pied dans la fourmilière.

Et puis il y a les mots qui sont utilisés à mauvais escient, mais volontairement. Comprenez : de manière abusive.

Et c’est là que surgit la « germanophobie ». C’est cyclique, ça revient de temps en temps, en fait à chaque fois que peut apparaître quelque part un point de divergence avec l’Allemagne. Celui qui s’aventure à exprimer ce désaccord risque bien de se voir taxer de germanophobe. C’est aussi simple que cela.

Depuis quelques jours, on ne lit et n’entend plus que ce mot-là dans la presse et la bouche de responsables politiques (UMP notamment) puisque le PS a préparé un texte dénonçant la politique d’austérité portée en Europe par la chancelière allemande Angela Merkel.

Ici, il est bon de rappeler la définition de ce qu’est la germanophobie, à savoir l’hostilité envers l’Allemagne et ses habitants.

Maintenant, relisons les raisons de ce procès en germanophobie : « le PS a préparé un texte dénonçant la politique d’austérité portée en Europe par la chancelière allemande Angela Merkel ».

Vous ne voyez pas le lien ? Normal, il est tiré par les cheveux.

Plutôt que de débattre sur le fond et de proposer une argumentation solide pour démontrer au Parti Socialiste qu’il se trompe, ses opposants préfèrent la stigmatisation venue de nulle part, l’insulte gratuite.

Car oui, c’est insultant.

Alors tant mieux si le PS a dû rédiger une nouvelle version de son texte en supprimant toutes les références personnelles à l’égard d’Angela Merkel (les arguments ad hominem sont souvent les moins constructifs).

Mais tant pis pour le débat politique qui, il faut le croire, a cessé d’exister ces dernières années au profit de ce genre de communications douteuses qui ne font pas honneur à ceux qui les emploient.

La politique économique européenne en aurait pourtant besoin d’un tel débat, quand tant de peuples sont en souffrance. Mais ne comptez pas sur l’élite politique française pour vous le proposer.

Ceux de nos politiques qui ont le micro l’utilisent pour asséner des « punchlines », ces phrases choc (tiens…) qui vont occuper l’espace médiatique. Vous avez été servis avec le  » Mariage pour tous ». Vous pensiez que c’était terminé ? Qu’à cela ne tienne ! Mur des cons ! Germanophobes !

Sans comprendre que nous sommes lassés de cette mise en scène qui ne résout en rien les difficultés de chacun.

2 réflexions au sujet de « Germanophobie : les mots ont un sens »

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