Le Grand Webzé : marier le web et la TV, tout un programme

Le Grand Webzé c’était vendredi soir. J’ai regardé l’émission en rattrapage hier. Je me décide à lui consacrer quelques lignes aujourd’hui, histoire d’avoir un peu de distance critique sur cette nouvelle émission pleine de promesses et faite par des gens dont j’apprécie en général le travail.

Une émission pleine de promesses donc, et ce pour plusieurs raisons. D’abord parce qu’elle est diffusée en direct : premier bon point loin d’être négligeable, les programmes télévisés sans filet sont devenus rares. Ensuite, c’est justement parce qu’il ne s’agit pas seulement d’un programme télévisé que notre curiosité est titillée : « dénicher les talents grâce à internet » et « réussir enfin le mariage du web et de la télévision », nous promet Vinvin en début d’antenne.

Tiens, Vinvin justement. Bien connu des internautes, des lecteurs de blogs comme des utilisateurs de Twitter, il est le co-animateur du Grand Webzé avec l’immense François Rollin. Tous deux ayant en commun de m’avoir comme client de leur humour décalé. Que des promesses, vous dis-je.

Passons donc des promesses aux résultats.

Je crois m’être fait deux réflexions générales quant à l’ambiance du Grand Webzé. La première : j’aime cet univers total foutraque. La seconde : ça flotte un peu quand même.

« Foutraque », le mot a été prononcé, assumé et même revendiqué. Et il correspond bien au déroulé du Grand Webzé. Un ton décalé, des interventions pas très cathodiques, un mélange des genres sans queue ni tête (de la passionnée de sculpture sur bouse de vache au concert privé en passant par la leçon de chinois) qui constituent pour moi le côté vraiment jouissif de l’émission qui se passe des règles établies de la télévision.

En vrac, mes moments préférés : le cours de chinois (je ne sais pas pourquoi mais la séquence était drôle), le medley de Pierre Billon (et l’ahurissante découverte de toutes les chansons qu’il a pu écrire) et la qualité du premier invité Alexandre Astier, parfaitement raccord avec l’atmosphère improbable du Grand Webzé. Il faudra viser aussi bien pour les prochaines émissions.
Mention spéciale également à tous ses moments certainement répétés dans leurs grandes lignes mais qui offrent quelques perles de lâché prise (la blague de Vinvin sur « Jamel de bouse », la retenue face à quelqu’un qui se fait appeler Dr Prout…).

On parle des points négatifs ? Allez on y va. Le son (tout le monde l’aura remarqué) qui n’était pas très bon, la séquence « diffamation » qui n’était pas drôle, le travail du dessinateur Pascal Mabille dont on aurait préféré voir l’oeuvre en train de se réaliser avec ses commentaires (comme il le fait sur son blog, sinon ça perd de son intérêt), et la partie « débriefing » qui était trop longue.

Mais tout ceci n’est que détails. J’évoquais l’impression générale de flottement, c’est à mon avis la principale menace qui plane au-dessus du Grand Webze. Car, on peut s’affranchir des règles habituelles de la télévision en termes de contenu, il n’en reste pas moins qu’une émission de télévision doit avoir un début, une fin et des moments « repères » pour ne pas perdre son téléspectateur, surtout à cette heure avancée de la soirée.
Une solution serait-elle d’utiliser chaque pièce de La Cartonnerie comme un moment unique de l’émission que l’on traverse et sur lequel on ne revient pas ? Ca ou autre chose. Toujours est-il que le Grand Webze a besoin de se muscler pour trouver davantage de rythme. Oui, car on peut être foutraque et rythmé, bordel !

Et c’est d’autant plus indispensable que l’émission n’est que mensuelle et n’a donc pas de véritable rythme dans sa diffusion. Cela fait peu d’opportunités pour se régler mais cela en fait malheureusement beaucoup pour que les téléspectateurs vous oublient. Ah oui, j’entendais parler de « prise de risque » de la part de France 5… Euh non les gars, la véritable prise de risque aurait été de diffuser Le Grand Webze toutes les semaines et au minimum une heure plus tôt.

Ah et dernier point un peu dommage. Nous avons des invités dont on nous dit certes qu’ils viennent du web, mais qui pourraient en fait venir de n’importe où. C’est là à mon avis qu’il faudrait creuser davantage. Le web n’est pas suffisamment palpable pour une émission qui veut le marier avec la télévision : comment ces gens vivent avec le web ? comment le web donne-t-il corps à leur travail ? quels internautes les ont recommandés ? comment le télé est-elle venue à leur rencontre ? quel rapport entretiennent-ils avec elle ?

Ca c’est pour les invités qui passent du net au Grand Webzé, mais la partie « live-twitt » pourrait également être renforcée. Il y avait apparemment une belle communauté sur Twitter pendant l’émission, dommage de ne pas l’avoir suffisamment souligné. Et oui, les Twittos regardent la télé… si ça ce n’est pas du mariage de médias ?! Pourquoi alors ne pas citer ou incruster sur l’écran les quelques meilleurs tweets relatifs à chaque séquence qui vient de se terminer ? Ce n’est qu’un exemple mais je crois qu’il y a davantage matière à faire de ce côté là pour que Le Grand Webzé tienne cette promesse-là. Bref, du travail pour Florence Porcel ! Tiens d’ailleurs, il serait peut-être intéressant le mois prochain d’évoquer comment les commentaires du net auront fait évoluer la deuxième émission : là on est dans les coulisses et dans le mariage constructif😉

Allez, le défi ne va pas être facile mais l’idée et là et on aimerait bien la voir réussir. Alors merde pour la suite.

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