Guérini : l’épine dans la primaire socialiste ?

Qui dit primaire, dit compétition. Alors oui, tout le monde n’est pas d’accord sur tout et il ne faut pas s’attendre à ce que les candidats se tiennent la porte pour laisser passer un concurrent devant.

Ceci dit, à La Rochelle, les efforts ont été faits et l’ambiance était à la cordialité entre les candidats Aubry, Baylet, Hollande, Montebourg, Royal et Valls. On ne se tire pas dans les pattes et on affiche une relative unité dans un contexte où ces personnalités s’affrontent pour avoir le droit de représenter leur parti à l’élection présidentielle. Le PS ne nous avait franchement pas habitué à cela ces dernières années, il convient donc de le souligner. Cette posture, si elle dure, sera à n’en pas douter une force pour le candidat qui sera désigné par la primaire car il aura alors les siens derrière lui, ce qui était loin d’être le cas en 2007.

Dans ce beau tableau, il existe pourtant une menace : elle est interne et incarnée par Jean-Noël Guérini.
Guérini, c’est le sparadrap qui colle au doigt et dont le PS a bien du mal à se débarrasser. Je rappelle que l’ex-président de la fédération socialiste des Bouches-du-Rhône a été convoqué le 8 septembre en vue d’une possible mise en examen pour « prise illégale d’intérêt, trafic d’influence, et association de malfaiteurs ».

Harlem Désir, Premier Secrétaire par interim du PS, a déclaré que Guérini devrait quitter ses responsabilités de président du conseil général des Bouches-du-Rhône s’il était mis en cause pour les faits évoqués.
Et c’est sur son blog que Jean-Noël Guérini lui a répondu avec virulance en ressortant des vieux dossiers : « Il oublie qu’il a été lui-même condamné le 12 décembre 1998 à 18 mois de prison avec sursis et 30.000 francs d’amende pour recel d’abus de biens sociaux. Ce qui ne l’a pas empêché d’être élu au Parlement européen au printemps 1999 ! ».

Le danger serait que cette affaire prenne de l’ampleur, et avec elle d’autres vieux dossiers, les piques et l’exacerbation de relations conflictuelles.
Ce serait un danger pour la primaire socialiste, facteur de démobilisation pour les électeurs qui pensaient voir cette élection débarrassée de ce genre d’affaires.
Ce serait un danger pour le candidat PS à l’élection présidentielle qui serait immanquablement affaibli et dont l’adversaire pourrait profiter.

Les relations avec Guérini sont tendues depuis un moment déjà : Arnaud Montebourg avait notamment dénoncé il y a quelques mois dans un rapport la gestion de la fédération socialiste par Guérini. Il n’avait alors pas été suivi par le reste de la direction du PS. Martine Aubry a finalement pris ses distances dimanche. Mais elle, comme les autres candidats, n’ont plus qu’à espérer que tout cela ne leur explose pas à la figure…

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