La rigueur, la colère et les oeillères.

Hier, les étudiants anglais descendaient dans les rues. Cela avait beau être la deuxième fois en deux semaines, ces manifestations sont inhabituelles Outre-Manche. Fumigènes, coups de barres et dégradations, des violences ont accompagné certains défilés.
C’est la colère qui s’exprimait. C’est à l’austérité ambiante qu’elle s’en prenait. Le gouvernement a annoncé son intention d’augmenter les frais d’inscription des universités anglaises. La goutte d’eau. Là-bas aussi, on aimerait être capables d’imaginer un avenir moins encombré et plus serein. Là-bas aussi, on voudrait remplacer les doutes par des certitudes.

Hier, Le Portugal a connu la grève générale la plus importante de son histoire : quasi-paralysie des transports publics, très fortes perturbations dans les hôpitaux et l’éducation, participation au mouvement des pompiers, employés de banques, fonctionnaires de justice, policiers et gendarmes…
Là-bas aussi l’ennemi s’appelle austérité. Quand on coupe les budgets, quand on baisse les salaires, quand on supprime des prestations sociales et quand on augmente les impôts, on use la patience et les nerfs.

Hier, l’Irlande annonçait un plan de rigueur de grande ampleur pour diviser par dix son déficit public abyssal. « Une feuille de route vers l’âge de pierre et une déclaration de guerre contre les bas salaires« , déclarait un leader syndicaliste : réduction de l’assurance sociale, hausse des frais d’inscription à l’université, suppression de 25.000 emplois publics, réduction du salaire des nouveaux fonctionnaires et des retraites des anciens… Un plan préalable à l’octroi d’aides internationales, un plan qui alimentera le sentiment d’humiliation de la population.

Les gouvernements européens ne tiennent plus la barque et leur messie s’appelle FMI.

Hier, comme tous les matins j’écoutais la radio. Une étude publiait ses prévisions des meilleures ventes de produits high-tech pour Noël, établissant le montant du panier moyen à 223 €, « soit 20 € de plus que l’an dernier« . Ce qui fit dire au journaliste que la crise semblait bien être « derrière nous« .

Alors j’ai éteint la radio et je suis parti travailler en me demandant s’il était plus facile d’avancer les yeux fermés.

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