Remaniement : quand le non-événement en devient un.

On avait tout pour que ce soit un grand moment plein de promesses.

A commencer par un teasing inédit, lancé par le Président himself cinq mois à l’avance, rendez-vous compte ! Cinq mois, ça laisse le temps des commentaires journalistiques, des spéculations d’experts, de sueurs froides pour les ministres en place et de se faire remarquer pour les plus ambitieux.

Et justement, le feuilleton se sera cristallisé autour du poste le plus important, celui de Premier Ministre : François Fillon, Jean-Louis Borloo, Michèle Alliot-Marie… Que de rebondissements permis par ce formidable timing.

Et puis, la réforme des retraites a été promulguée, malgré tout. C’était le repère, celui qu’avait désigné Nicolas Sarkozy comme préalable au Remaniement. Cette fois, on s’en approchait, ce n’était plus qu’une question de calendrier. Faisons savoir que c’est imminent, qu’au retour de Séoul et du G20 il y a une « ouverture » (ou plutôt vaut-il mieux parler de « fenêtre », parce qu’en terme d’ouverture…) qui semble idéale pour faire sa tambouille, et on croit deviner une date : lundi 15, mardi 16 novembre au plus tard.

ET PAF ! Une petite combine de dernière minute : il est 20h ce samedi (au poil pour le JT) quand nous apprenons que Nicolas Sarkozy a accepté la démission du gouvernement de François Fillon.

En plein week-end… encore une première.

Le remaniement aura lieu le lendemain, la France est sans gouvernement… Brrrrrr… ces images d’instabilité qui nous viennent en tête… Ce week-end, nous sommes tous Belges.

Bref, un peu de dramaturgie au rabais (oui c’est pas Baden Baden non plus) qui nous amène à cette journée tant attendue : un long dimanche de bavardages. Car s’il y a eu une réussite dans ce plan de communication, c’est bien dans la masse de journalistes concentrés sur le trottoirs en face de l’Elysée et de Matignon et les longues digressions et infatigables pronostics d’analystes dans les médias (sans oublier nos incessantes blagues pourraves sur Twitter).

Alors oui, la voiture de Fillon a bien fait trois allers-retours entre l’Elysée et Matignon dans la journée, oui chacun des deux portails s’est donc ouvert six fois (vous suivez ?)… Toute cette attente pour apprendre que l’annonce du « nouveau » gouvernement aura lieu à 20h15… Oh tiens, le coup du JT deux soirs de suite ! C’est Roselmack et Pujadas qui ont dû faire la gueule, en plein week-end…

Si, dans mon paragraphe précédent, j’ai mis « nouveau » entre guillemets au sujet du gouvernement, c’est parce que l’adjectif est difficilement compatible avec la liste des Ministres lue par le Secrétaire Général de l’Elysée Claude Guéant.

Fillon, Alliot-Marie, Hortefeux, Lagarde, Chatel, Pécresse, Bachelot, NKM, Besson, Baroin, Le Maire, Mitterrand… que des nouvelles têtes quoi. Un retour, celui de Juppé, qui faisait pourtant déjà partie de l’éphémère gouvernement Fillon 1.

Un gros packaging pour un petit trousseau de maquillage. C’était écrit.

Crédits photo : © Bernard Bisson & Thierry Orban/Sygma/CORBIS

Une réflexion au sujet de « Remaniement : quand le non-événement en devient un. »

  1. Au cas où je ne te l’aurais pas encore dit, j’apprécie vraiment ton style🙂
    C’est un vrai plaisir de lire tes billets JLD !

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