Le PS file droit dans 2007

« Dominique Strauss-Kahn est le plus capable de faire gagner la gauche à l’élection présidentielle en 2012 pour 54% des Français ». Encore un sondage très utile publié ce lundi dans France-Soir. Je ne reviens pas sur la fiabilité des sondages et encore moins sur leur utilité. Pour que DSK fasse gagner la gauche en 2012, encore faut-il qu’il soit candidat, puis qu’il s’impose dans les primaires préalablement organisées… autant dire qu’on ne parle ici de rien.

Et puis un détail, juste quelques conditions à créer avant de penser à la victoire : celles d’une véritable unité entre les leaders du PS. Il va bien falloir leur expliquer que la méthode Coué c’est sympa, mais ça ne dure pas.
Pourtant, ce week-end encore, elles l’ont bien martelé Martine et Ségolène. « Nous parlons tous d’une même voix » et « au PS, nous nous passons la balle » dit la première. « Non seulement nous serons unis mais en plus nous serons prêts », s’enflamme la deuxième. On notera au passage que Ségolène Royal préfère utiliser le futur…

A force de le répéter, ça en devient suspect. Et, en réalité, tout est là pour que les divisions soient au moins aussi éclatantes qu’en 2007.

Si l’on cherche à vanter l’esprit d’équipe, il n’en reste pas moins qu’aucun leader n’est clairement détaché au sein du Parti Socialiste. Martine Aubry est Premier Secrétaire et c’est sa meilleure ennemie (le Congrès de Reims, c’était il y a deux ans à peine) qui répond à François Fillon (sans le croiser bien sûr, il ne faudrait pas non plus créer les conditions d’un vrai débat dans une émission politique) sur le plateau de « A Vous de Juger ». Martine Aubry n’a t-elle pas eu tort de laisser Ségolène Royal dans la position de Première Opposante au Premier Ministre ? Ou bien le motif d’engagements locaux n’était-il qu’un prétexte pour laisser la candidate de 2007 s’exposer à la machine médiatique et s’y user avant les autres ?

Car, on le sait, le silence en politique permet parfois de faire monter sa cote de popularité. C’est vrai pour François Fillon, un Premier Ministre au rôle réduit par l’omniprésence d’un Président. C’est vrai pour Dominique Strauss-Kahn qui préfère sa position lointaine et haute de président du FMI.

Lui, c’est l’autre source de déstabilisation d’une éventuelle union de la gauche socialiste. Il plane comme une ombre au-dessus des velléités des présidentiables de son parti et la seule décision de sa candidature ou non mettra en ruine bien des plans. Autant dire que pour beaucoup il est emmerdant, car aucune stratégie de parti pour 2012 ne peut être dessinée en raison de son seul silence. D’autant plus que le calendrier des primaires a été décidé à sa mesure – c’est à dire très tardivement (automne 2011) – en raison de ses engagements au FMI.

Bien plus de temps qu’il n’en faut pour que les tensions montent entre les candidats à la candidature… A ce stade où l’on se persuade que tout va bien, le PS file droit dans 2007.

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