Prosternez-vous devant Eyjafjallajökull !

Je n’en reviens toujours pas de cette actualité. Un glacier, un volcan, une éruption. Du froid, du chaud, de la fumée. Et du vent. Tous les éléments de la pagaille sont là, tous naturels. Aucune intervention humaine dans cet enchaînement banal, rien qui ne puisse susciter le débat récurrent du pouvait-on-éviter-cette-catastrophe-là. C’est limite frustrant, tant l’auto-flagellation et la dénonciation des activités humaines fossoyeuses de la planète sont devenues en quelques années un sport international majeur cristallisant des enjeux de tous ordres, dont l’écologie n’est malheureusement plus en premier lieu des considérations. Ce n’est pas que je me désole de ne pas pouvoir m’infliger ces séances de masochisme, mais je m’inquiète pour les Nicolas Hulot, Yann Arthus-Bertrand et consorts qui ne pourront pas trouver là d’angle d’ouverture médiatique.

Mais je m’éloigne du sujet. Un volcan sous un glacier entre en éruption en Islande (en Islande hein, je répète), et c’est le trafic aérien européen qui se trouve paralysé. Ça me fascine. Plus un avion ne décolle ni n’atterrit depuis plusieurs jours parce qu’Eyjafjallajökull (j’écris ton nom, enfin j’essaye) a décidé de se réveiller après un petit somme de près de 120 ans. Je ne sais pas si les conditions étaient réunies de la même manière à l’époque, mais en terme d’aviation civile, les conséquences devaient être quelque peu limitées.

Petite leçon d’humilité donc pour le monde moderne qui s’arrête littéralement quand passe un nuage.

D’accord, cela entraîne quelques désagréments. Un vol annulé quand on a prévu de – enfin – partir en vacances, c’est loin d’être agréable. Rester bloqué à l’étranger, ça peut être drôle un moment, ça l’est moins quand ça s’éternise. Stéphane Bern et son équipe coincés en Grèce, franchement ça me fout en rogne. Et je ne parle pas de l’AS Nancy qui va devoir se déplacer jusqu’à Rennes en autocar ! Mais je ne développerai pas plus ces situations-là, elles constituent environ 10mn de vos JT quotidiens.

Pour le moment, rien de réellement dramatique. Mais si tout cela n’était que le début ?

Oui entre les inondations, séismes, boules de feu qui traversent le ciel américain, je ne suis pas sûr qu’on ait envie de s »embrasser au passage à l’an 2012. Maintenant un volcan qui gronde et nous enfume. Il suspend les vols. Mais – note à Jean-Pierre Pernault et ses confrères – je me permets de rappeler que les avions ne transportent pas que des vacanciers, ils nous ravitaillent aussi en nourriture. Si la situation venait à durer (je ne dis pas ça parce que la dernière éruption d’Eyjafjallajökull en 1821 avait duré plus d’un an, rien à voir), « Le Potager pour les Nuls » deviendrait en quelques jours le plus grands best-seller de l’histoire de la littérature européenne.

Ah ! Ils sont jaloux là les scénaristes hollywoodiens ! De quoi nourrir leur complexe d’infériorité face à la réalité. Et encore, nous n’en sommes pas à l’épisode où la désorganisation est telle (le volcan voisin Katla a pris le relais réveillant toute l’activité volcanique de la région, la température a très sensiblement diminué à la surface du globe) que les populations européennes ont choisi l’exode. Ce scénario là est en concurrence avec celui où, quelques années après le passage du nuage qu’on avait officiellement déclaré inoffensif, une mystérieuse vague de naissance de mutants fait la une des grands quotidiens européens (bon j’exagère, seulement une génération entière d’asthmatiques). Toute ressemblance avec des faits réels etc.

Je m’en amuse, mais seulement parce qu’aujourd’hui les faits ne sont rien de plus que contrariants. Demain sera peut-être différent, alors prosternez-vous devant Eyjafjallajökull !

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4 réflexions au sujet de « Prosternez-vous devant Eyjafjallajökull ! »

  1. Enfin moi je peux me passer de bananes mais je VEUX décoller mercredi.
    Franchement je suis navré que tu sois passé à côté de la conséquence essentielle de cette éruption : mes vacances à MOI hein 🙂
    Bel angle ne tout cas c’est un billet relativement différent de ce que l’on a pu lire ailleurs. Bien !!

  2. Et tu veux dire qu’on pourrait devoir quitter les villes à pied pour aller s’installer à la campagne et faire pousser nous-mêmes notre nourriture ?…

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