Ma soirée électorale en direct live avec ma télé

J’ai réussi,  je suis devant mon écran de télévision pour la soirée électorale du deuxième tour des élections régionales. Faut dire que je n’ai pas pris de risque cette fois, je ne me suis pas aventuré plus loin qu »à trois stations de métro aujourd’hui, histoire de ne pas connaître les mêmes mésaventures SNCF/RATP de dimanche dernier.

Je vais pouvoir faire ce que je n’ai donc pas pu tenter au soir du 1er tour : écrire un billet au fil des résultats et des débats qui en suivront et le publier dans la foulée.

Il est 19h30. Sur France 2, David Pujadas et Elise Lucet prennent l’antenne en direct de la cave de la chaîne « en raison d’une grève de certains personnels de France Télévisions » comme ils disent. Ils me font un peu pitié avec leurs moyens techniques à deux balles et mon cerveau a été traversé par l’idée de zapper sur TF1, mais ça va, je tiens bon.

Sur Twitter, on a eu des résultats peu après 18h, comme d’habitude. Oui, on sait, c’est interdit mais tout le monde s’en fout. Du coup, ça donne une bonne idée du résultat final : on donne le PS à 57%, l’UMP à 37% et et le FN à 7% . A quoi ça sert de regarder les résultats à la télé une heure et demie plus tard alors ? Et bien d’abord, Twitter peut se tromper. J’y crois moyennement mais ça me permet d’espérer un peu de suspense. Ensuite, le sacro-saint compte à rebours du 20h m’excite toujours autant. Ce côté cérémonial complètement fabriqué constituera toujours un grand moment de télévision (Pujadas vient d’annoncer qu’il restait 7 minutes 30, et voilà ça me met en joie). Enfin, les réactions des invités sur les plateaux, je ne les raterai pour rien au monde : le triomphalisme des vainqueurs, la mauvaise foi des perdants, cette ambiance cour d’école… un régal je vous dis !

Cette digression m’a permis de passer les 20 minutes chiantes où on fait le tour des envoyés spéciaux en régions qui nous racontent que l’abstention a été moins forte que qu’au 1er tour (wouhou 49% seulement, victoire !) ou nous font passer des messages subliminaux (oui enfin faudrait vraiment le vouloir pour ne pas comprendre) comme ce journaliste qui nous dit que Ségolène Royal est arrivée auprès de ses militants avec le sourire jusqu’aux oreilles.

Mais chut ! 25 secondes…

Bon alors super déçu. Le décompte était naze sans leurs moyens techniques habituels. Même pas une petite musique qui fait peur… Tssss…!

Revenons-en aux résultats, quand même. Libération pourra recycler son titre d’il y a 6 ans : « L’Alsace, en haut à droite » (petit doute d’un coup, c’était bien Libé hein ?). Ou alors, il faudra ajouter « L’UMP, au milieu des eaux », car la majorité (présidentielle en tout cas) a remporté ce soir la Réunion.

20h n’est passé que depuis quelques secondes que déjà s’enchaînent deux LOL d’affilée. Le premier nous vient d’Elise Lucet qui accueille un nouvel invité dans la cave sur le plateau : « Bonsoir François Hollande, merci de nous rejoindre, mais c’est d’abord vers Jean-François Copé que nous nous tournons… ». Classe.

Le second, c’est Ségolène Royal qui nous fait du Ségolène Royal en faisant une déclaration qui prend de court absolument tout le monde et en parlant la première. Ça elle aime bien. Faut dire qu’elle remporte sa région avec plus de 60% des voix face à Dominique Bussereau. On vient de me dire dans l’oreillette que TF1 n’a même pas eu le temps de faire le direct avec la dame de Poitou-Charentes. A vouloir être la première, on rate une bonne moitié de l’audience.

1er plateau avec Copé et Flamby, je m’ennuie déjà. Mince. Un seul élément intéressant : Copé reconnaît la défaite de son parti, et d’après ce que je lis et entends ici ou là le sentiment de responsabilité de la défaite prédomine dans les rangs. Le ton a bien changé depuis dimanche dernier. En même temps, après le « rien n’est joué, on verra bien après le 2ème tour », il aurait fallu une sacrée dose d’imagination (ou de provocation ?) pour rester sur cette ligne.

Mais François Fllon interrompt le semblant de débat et l’introduction est assez surprenant : « j’assume ma part de responsabilité dans cette défaite et j’en discuterai avec le Président de la République dès demain ». D’accord, il faut lire (un peu) entre les lignes mais je ne crois pas trop me tromper en en déduisant qu’il va présenter sa démission. D’ailleurs, Copé a l’air quelque peu surpris là.

Rama Yade est arrivée. Toujours un plaisir pour les yeux. Pour les oreilles, un peu moins. Elle qui se faisait de temps en temps remarquer par son franc-parler donne l’impression d’avoir subi le même processus de robotisation que tout le monde.

Georges Frêche fait de la poésie. Et nous révèle que Martine Aubry n’y est pour rien dans les résultats de ce soir.

Hérvé Morin. Je vais pisser.

(J’ai laissé la porte ouverte. Il reconnait la défaite, lui aussi. Luc Chatel également.)

Je reviens. Paraît que TF1 a déja rendu l’antenne. Sans déconner ? Je zappe : Evelyne Dhéliat. J’en profite pour vous annoncer qu’il fera beau jusqu’à mardi ; ensuite on risque de se taper des averses jusqu’à la fin de semaine mais les températures restent douces donc ça peut aller. M’enfin bon, tout cela (la brièveté de l’émission de la 1ère chaîne, pas la pétéo hein) est bien symptomatique du faible intérêt que suscitent ces élections régionales. Et si ça n’intéresse pas les Français, TF1 ne va pas perdre son temps : allez hop, Les Experts en triple dose !

Pendant ce temps-là Pécresse s’exprime sur France 2 depuis son QG. Festival de déclarations cultes sorties d’un visage paralysé et brillant : « Il faut que la région règle les problèmes des Français. Et il faut que l’État règle les problèmes des Français« . On progresse. « L’Etat a des moyens énormes et pourra s’occuper des problèmes des Franciliens« . Donc on n’a pas gagné l’Ile-de-France mais c’est pas grave puisque c’est le gouvernement qui va gérer le quotidien de ses habitants.

Quand j’ai compris… Mais elles ne servent à rien alors ces élections !

Me voilà bien désemparé. Je vais m’arrêter là alors.

Petit bilan rapide. L’UMP reconnait donc sa défaite et sa part de responsabilité. Mais Xavier Bertrand n’a pas entendu les Français dire non aux réformes, et puis de toute façon c’est la faute à la crise. Un petit remaniement technique serait d’actualité, mais François Fillon en fera-t-il partie ? Je pensais que le PS nous abreuverait davantage de triomphalisme dégoulinant, finalement ils se tiennent bien. En même temps, ils n’ont rien gagné de plus que ce qu’ils avaient déjà, ils n’ont toujours pas les cartes en mains et ils ne seront demain que les spectateurs des réactions de Nicolas Sarkozy à la défaite de sa majorité.

Ah, dernier signe. Benoît Hamon vient de voler au secours de Cécile Duflot face à Xavier Bertrand. Les relations seront-elles rapprochées en le PS et Europe Écologie au-delà de l’alliance électorale ?

Toutes les réponses à ces questions dès demain (ou pas), mais pas ici.

Je rends l’antenne en même temps que France 2.

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