Les questions d’environnement, ça commence à bien faire.

Il est des informations qui passent quasiment inaperçues alors même que beaucoup les jugent importantes, parfois vitales. C’est ainsi. Elles existent, quelques articles y seront consacrés, quelques journaux télévisés y consacreront peut-être un bref sujet, mais leur retentissement sera proche de l’encéphalogramme plat. Information morte-née. Écho avorté.

Ce samedi, je suis tombé sur l’une d’entre elles, par hasard. D’ailleurs, cela aurait difficilement pu être autrement que par hasard tant les sources sont restées étonnamment peu nombreuses. Le preuve en images, voici les résultats obtenus lors d’une petite recherche via Google News : 1, 2, 3, 4, 5, 6 et… 7 articles apparentés.

Car oui, il ne s’agit que de cela : un « continent » d’ordures découvert dans l’Atlantique.

Je ne vois que trois solutions pour expliquer le mépris, pardon, l’indifférence avec laquelle la nouvelle de la découverte d’un nouveau continent a été reçue :

1/ En fait, les ordures, c’est nous. Et franchement, on s’en bat la rondelle de savoir qu’une décharge publique a ouvert ses portes au milieu de l’océan. Au moins c’est loin et on n’est pas dérangés par les odeurs. Et puis, les questions d’environnement, « ça commence à bien faire », c’est notre Président qui l’a dit !

Certains se reconnaîtront peut-être dans ces brèves de pensées mais, sans vouloir faire mon Nicolas Hulot, j’ose espérer que cet état d’esprit est daté. Cherchons donc ailleurs.

2/ C’est pas très malin de sortir une info un vendredi en fin de journée. J’ai failli passer à côté moi en pleine journée de RTT (« ReTweet en Trève », signification également valable).

On sait bien que dès le vendredi soir les rédactions tournent au ralenti (ah ces feignasses de journalistes qui ne pensent qu’au week-end, où va la France ?). Mais j’essayais d’imaginer la même information annoncée au réveil, un lundi matin… Aurait-elle fait plus de bruit ? Même pas sûr, il neige dans la moitié sud…

3/ Bon alors fallait peut-être faire un effort sur vos titres les gars, c’est pas assez accrocheur là.

Peut-être est-ce le genre d’information qu’il vaut mieux entendre. Heureusement RTL était là pour faire l’expérience.

Ah oui quand même ! « Une information proprement hallucinante » (on remerciera au passage le journaliste pour l’utilisation de cet adverbe), « une décharge géante de la taille du Texas » (dont la superficie est de 696 241 km², plus grand que la France donc), « des bouchons de bouteilles, des cartouches vides, des morceaux de filets… »

D’accord, on commence à se rendre compte là.

Reste un petit problème. On a beau jouer la surprise, ce continent d’ordures n’est pas le premier. En 1997, le « Great Eastern Pacific Garbage Patch » (en gros « la poubelle de l’est du Pacifique ») avait constitué la première découverte du genre. En même temps, treize ans c’est long, on a eu le temps d’oublier qu’on en était même déjà à notre troisième décharge océanique.

Je ne vous ferai pas un dessin de ce que tout cela signifie : 267 espèces marines affectées par cette pollution (et pour la petite larme, les tortues qui meurent en ingérant du plastique), 1 million d’oiseaux, et en bout de chaîne les maladies pouvant être transmises à l’être humain. (Si vous insistez pour le dessin, je vous renvoie vers l’animation contenue dans l’excellent article de notre-planete.info publié en 2007).

Et savez-vous seulement quelle est la solution pour nettoyer ces océans de déchets ? C’est simple, on ne peut pas. « Autant essayer de passer le Sahara au tamis », dixit Charles Moore, le navigateur et chercheur qui a découvert l’accumulation de déchets du Pacifique. Effectivement…

Ah si ! Ce qu’on pourrait peut-être commencer par faire, c’est revoir la hiérarchie de l’information. Comment ça on en revient toujours à la même chose ? Ah ben oui mais bon…

Une réflexion au sujet de « Les questions d’environnement, ça commence à bien faire. »

  1. Ecoute, je crois que c’est exactement pour ces nouvelles qui n’ont pas la portée qu’elles méritent que les blogs et twitter sont de forts relais.
    Merci en tout cas de l’info, tu me l’apprends. J’ai du mal à imaginer que l’on puisse « découvrir » ça du jour au lendemain vu la superficie évoquée mais ne suis qu’à moitié surpris que cela puisse exister.

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