On a tenté de nous vacciner : reponsabilité d’une alerte

Hier, l’air de rien, n’était pas un jour comme les autres. Tout du moins, en ce qui me concerne. Plus jamais je ne pourrai regarder cette date dans le calendrier sans ressentir une certaine émotion. Chaque fois que le 18 janvier se présentera à moi, je ne pourrai m’empêcher de penser à l’événement vécu alors en cette année 2010, le jour où j’ai été sauvé.

Hier, j’ai reçu mon bon de vaccination.

Voilà voilà…

Jusque là, il n’y avait que mon chien qui recevait des rappels de son vétérinaire pour lui rappeler son vaccin annuel. Alors recevoir ce courrier, c’est quelque peu déstabilisant, à te faire douter de ta condition d’être humain.

Il devait donc être 20h30 quand j’ai ouvert ma boîte aux lettres. Et l’enveloppe était là.

Pour être tout à fait honnête, je n’ai pas immédiatement compris de quoi il s’agissait. C’est vrai, pour ceux qui ont été choisis pour être sauvés les premiers, vous aurez remarqué que l’enveloppe est quelconque : couleur immonde (n’ayons pas peur des mots pour désigner ce jaune-marron, espérons que ce soit au moins recyclable), pas de timbre (« encore de la pub tiens ! ») et ce logo « Stop au virus de la grippe » réalisé en 12 minutes par quelque agence certainement grassement rémunéré (à moins que Roselyne n’ait sorti ses propres crayons de couleurs)…

Finalement, notre chère devise nationale apposée en haut à gauche de l’enveloppe sous la figure de Marianne, a arrêté mon geste impie qui prenait la direction de la poubelle de l’entrée de mon immeuble : « Bon sang, ça y est, c’est enfin mon tour », dit-il en retenant quelques larmes de soulagement.

Passé ce moment d’émotion, vient le temps de se ressaisir et je jouir d’un moment plus cocasse, la lecture du courrier signé tant de millions de fois de la main de notre Ministre de la Santé, Dame Roselyne.

Introduction. « Nous sommes confrontés, depuis le printemps dernier, au développement d’une pandémie grippale causée par le nouveau virus A(H1N1)« . Me revient en mémoire alors cette vibration dans la poche de mon pantalon le soir du 13 janvier denier : Le Monde m’informe que l’épidémie de grippe A est terminée.

2ème phrase : « Liée à un virus très contagieux, cette pandémie va probablement toucher beaucoup d’entre nous et aura des conséquences graves chez certaines personnes« . Conséquences malheureusement graves en effet chez certaines personnes, mais inutile de revenir sur les chiffres de cette grippe A qui a été beaucoup plus anodine que la grippe saisonnière (excepté médiatiquement parlant).

Alors, évidemment, il se dégage une impression de lire un courrier périmé et finalement peu crédible. On se demande ce que l’on va bien pouvoir faire de ce bon de vaccination. La très grande majorité de ceux qui n’iront pas se faire vacciner aura donc le choix entre la poubelle ou l’encadrement sur un mur pour le fétichiste. Et puisque Roselyne Bachelot revend tous ses vaccins à l’étranger, on pourrait peut-être essayer de leur revendre nos bons ?

Je prends le sujet à la légère à travers ces quelques lignes, mais deux remarques s’imposent. D’abord, si une deuxième vague épidémique faisait son apparition, je ferais moins le malin. Ensuite, je suis de ceux qui pensent qu’il vaut mieux tenter d’alerter plutôt que de constater impuissant.

Seulement alerter une population est une grande responsabilité, et cela ne peut se faire que la tête froide, isolément des emballements médiatiques, pharmaceutiques et plein d’adjectifs encore en -tiques.

Et cette tentative a échoué car, finalement, cette course à la vaccination laisse une désagréable impression de surenchère et de ridicule.

3 réflexions au sujet de « On a tenté de nous vacciner : reponsabilité d’une alerte »

  1. Je n’ai pas encore ouvert cette magnifique missive imprimée sur les chutes des pages saumon du Figaro mais je suis terriblement flatté de savoir que l’État était désireux de me sauver davantage que toi !
    Bref, je ne m’étais pas pressé de lire la lettre; après tout même en cas de retour de flammes sur l’épidémie, je ne craignais pas vraiment une rupture de stocks… mais pour la forme, je vais quand même y jeter un œil même si en effet, je ne compte absolument pas honorer cette délicate invitation.

  2. Oui, je ne vois pas d’autre explication, on sauve par catégories d’âge. Le 19 janvier c’était les 25-30 ans apparemment… hum…

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