Jean-Marc Sylvestre et l’abandon politique

C’est une petite phrase que j’ai entendue mercredi soir. La télé était allumée pour quelques secondes encore, le temps que Jean-Marc Syslvestre termine sur iTélé sa chronique économique.

Enfin économique… Le journaliste revenait en réalité sur le congrès de Rennes tenu le soir même par François Hollande et vantait dans un premier temps le caractère malin et habile du contenu du discours du candidat socialiste pour mieux le condamner sévèrement un second temps sur sa vue à court terme qui laisserait de côté l’ensemble des grands enjeux économiques. Soit, c’est son droit. C’est le propre de l’exercice éditorial.

Et puis est venue dans la bouche de Jean-Marc Sylvestre la petite phrase en forme d’ultime sentence :

« Le grand juge de paix de l’élection, ce sera le comportement des marchés ».

Amen.

Quelques mots en forme de vérité toute puissante qui balayent les intentions bien gentilles de François Hollande.
Il est mignon le candidat du PS, mais il ne faudrait quand même pas croire que l’action politique pourrait avoir une quelconque incidence sur l’économie et le marché. Et puis quoi encore ?

Voilà la réalité qui rattraperait immanquablement François Hollande s’il était élu au mois de mai, selon le journaliste. Au moins, Nicolas Sarkozy, lui, est en phase avec les marchés (comprendre : il s’écrase).
Puisqu’on en est là, on pourrait tout de suite annuler cette élection présidentielle inutile, non ?

Cette intervention est symbolique d’un abandon de la souveraineté du politique par une partie des élites, au profit des « marchés », cette espèce d’intelligence artificielle qui déciderait à notre place.

C’est une illusion. On a arrêté de croire en l’influence des gouvernements, par faiblesse ou par paresse. On se dit que si les choses sont ce qu’elles sont, c’est qu’il y a une logique, ce truc que Jean-Marc Sylvestre appelle « marchés » ou bien « Bruxelles » sans plus d’explications.

Tant pis pour ceux-là qui ont perdu toute volonté. D’autres ne sont pas victimes de ce désenchantement et restent persuadés que la politique peut. 

C’est cette affirmation qui est en train de s’imposer dans la campagne présidentielle. Car, M. Sylvestre, ce ne sont pas les marchés qui décideront que les Français ont bien voté, mais la qualité de vie qui sera la leur à l’issue du prochain mandat présidentiel.

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