Ce matin, Patrick Cohen a décidé de parler aux auditeurs de la bourde (la lapsus, l’erreur, appelez ça comme vous le voudrez) d’Hervé Morin qui racontait avoir assisté au débarquement de Normandie… Et le journaliste de nous raconter comment le candidat du Nouveau Centre était devenu l’objet d’amusements pour bon nombre d’utilisateurs de Twitter qui le surnommaient “Morin Mc Fly” en référence au personnage du film Retour vers le Futur.
“Qu’est-ce qu’on rigoooole sur Twitter”, nous dit Patrick Cohen en exagérant. Soit, il n’est peut-être pas très fan du réseau, c’est son droit.
Jusque là donc, tout va bien. Jusqu’à ce que Patrick Cohen enchaîne sur un tout autre sujet beaucoup moins drôle : le suicide de la femme de Luc Chatel qui aurait généré sur Twitter des blagues du plus mauvais goût. Et l’animateur se lâche :
Et oui, c’est aussi ça Twitter, des milliers de graffiti dégueulasses, pire que les murs des chiottes, et qui en ont d’ailleurs souvent l’odeur.
[Je précise ne pas mettre de guillemets car je vous livre ces propos de mémoire, ces deux minutes étant la seule chronique à n'être jamais disponible à la réécoute sur le site de France Inter]
Si les faits sont vrais, Patrick Cohen à tout à fait raison. Mais cette charge très violente contre Twitter me laissa alors perplexe pour la simple et bonne raison que je n’ai pas vu passer la moindre “blague” sur ce triste sujet.
Alors j’ai posé la question autour de moi. Et visiblement je n’étais pas le seul dans ce cas.
Et puis, finalement, certains utilisateurs de Twitter disent avoir effectivement lu dans leurs fils de tweets quelques messages à l’humour plus que douteux.
Et puis je suis tombé sur ce message de @Catnatt, retweeté plusieurs dizaines de fois :
Alors je les ai cherchés ces tweets en question. Et je les ai trouvés. Ils sont peu nombreux mais ils existent. Par exemple ici. Ou là. J’en ai lu une dizaine.
Alors, sur ce point, je suis d’accord avec Patrick Cohen : ce genre de message est puant. Certains répondront qu’on peut rire de tout, l’expression passe partout qui permet de ne rien justifier. Mais l’humour noir ne dispense pas d’être drôle. Et il est certaines situations où laisser place au silence est une posture bien plus intelligente.
On est toutefois loin, très loin, de la généralisation faite par Patrick Cohen et ses “milliers de graffiti dégueulasses”. Non Patrick, quelques uns tout au plus. Ce que j’ai vu en faisant ces quelques recherches, c’est de bien plus nombreuses condamnations desdites “blagues”. Ce que j’ai vu surtout, c’est beaucoup de retenue, de compassion et de silence.
Quand on est à la tête d’une des matinales les plus écoutées de France, on peut difficilement se permettre ce genre de généralisation qui peut être ressenti comme insultante pour ceux de vos auditeurs qui sont aussi adeptes de Twitter. Je vous le dis d’autant plus amicalement que je suis un fidèle du 7/9 et que j’ai beaucoup de sympathie pour le travail que vous y faites. Sur Twitter, comme partout ailleurs, il y a de la bêtise mais elle est très loin d’être représentative de ses utilisateurs.
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Edit, 26 janvier 2012 à 8h05 : Je vous recommande de lire dans les commentaires ci-dessous la réponse de Patrick Cohen qui précise avoir parlé de “dizaines” de messages (et non milliers) et ne pas généraliser son jugement à l’ensemble des utilisateurs de Twitter.
Les mots exacts seraient “des dizaines et des dizaines”, ce qui ne m’aurait pas fait écrire le billet autrement.
Adieu Twittos, bonjour Twitteros
L’un des reportages s’intéressait à la violence des cartels qui gangrène la société mexicaine. Dans cet univers-là, les réseaux sociaux prennent de plus en plus d’importance, notamment parce qu’ils sont un nouveau lieu de lutte entre pro et anti-cartels.
Les journalistes nous proposent alors de suivre un utilisateur de Twitter… Et c’est là que tout s’éclaire : le commentaire nous apprend qu’on appelle là-bas les utilisateurs de Twitter des “Twitteros”.
Génie. Cela fait des années qu’en France nous devons supporter le surnom de”Twittos”. Au début, la plupart s’en indignait – avant même que le mouvement du même nom n’existe (eh oui c’est ça Twitter, toujours un temps d’avance). Aujourd’hui, nous nous en sommes accommodés, faute de mieux.
Et voilà que débarque le Twittero, tout droit venu du Mexique. Ça a quand même plus de classe un Twittero, non ? Bien plus qu’un twitto sorti de sa cour d’école. Ça a un côté à la fois romantique et efficace, tel un pistolero du bon mot. Bref, l’appellation idéale pour que tous ceux qui n’accordaient que peu de crédit à ce réseau revoient complètement leur jugement.
Alors voilà, j’ai décidé de militer officiellement pour l’adoption de “Twitteros” pour dénoncer les adeptes du twitt en France. Et ceci est le billet qui signe mon engagement.
Mais ce combat ne se gagnera pas seul alors engagez-vous pour que le twitto ne soit plus qu’un lointain souvenir.
L’année 2012 s’achève. Une année pleine de changements, de difficultés, parfois de chocs. Mais également une année pleine de promesses car elle aura permis de poser les conditions d’un avenir meilleur.
Depuis plusieurs années, beaucoup d’entre vous souffrent de la crise et de la dégradation de la situation économique mondiale. Les conditions de vie se sont durcies, les plus faibles ont été les plus touchés, et les classes moyennes n’ont pas été épargnées. Quant à ceux qui nous ont gouvernés pendant près d’une décennie, ils n’ont jamais été en mesure d’apporter la moindre solution aux Français. Si tant est qu’ils aient réellement essayé d’en chercher une qui aille au-delà de leur propre confort…
C’est dans ce contexte que je me suis présenté à vous au printemps dernier. C’est dans ce contexte que vous m’avez élu face à la candidate du Front National vers laquelle le désespoir avait poussé nombre d’électeurs au premier tour.
A ceux-là, je veux dire que je les comprends. Personne ne peut leur en vouloir de s’être tournés vers un vote extrême. Ceux qui sont à blamer sont les responsables politiques qui les ont laissés s’enfoncer pendant tant et tant d’années dans la misère et la peur du lendemain.
A tous ces électeurs, je veux aussi dire que la réponse que vous attendez peut venir d’ailleurs que des extrêmes qui ne sont que le lieu de la haine, du mensonge et de la souffrance. Je veux vous dire que cette réponse, je vais vous l’apporter.
La confiance que 88% d’entre vous m’avez accordés m’a conduit à former un gouvernement d’union nationale. C’était pour moi la seule solution envisageable pour ne pas vous mentir et pour aller de l’avant. On ne sort pas d’une situation de crise quand on joue à 50 contre 50. On ne relève pas les défis qui se présentent à nous si on n’est pas capable de rassembler.
Sur ce terrain-là, nous avons réussi. Nous avons rassemblé les personnes qui, d’où qu’elles viennent, se sont mises d’accord sur une stratégie politique commune pour faire progresser la France et les Français. Aujourd’hui, beaucoup de Ministres socialistes – puisqu’ils ont remporté indiscutablement les élections législatives du mois de juin dernier – travaillent avec des Ministres du centre, avec des Ministres du centre-droit et de la droite, excepté de l’UMP puisque leur vision usée n’avait plus aucune crédibilité pour personne.
Ce travail, qui commence à porter ses fruits, sera long. Mais c’est un effort que nous devons tous faire ensemble si nous voulons rompre le cercle vicieux de la crise et profiter des vertus d’une croissance et d’une sérénité retrouvées.
La France doit montrer l’exemple dans un monde obscurci. Le printemps arabe de 2011 n’a pas tenu ses promesses, les mouvements des indignés se sont amplifiés et organisés en 2012, d’autres formes de réseaux de citoyens se créent à travers les frontières parce qu’ils n’ont plus confiance en leurs responsables politiques, parce qu’ils réclament d’autres solutions, d’autres perspectives, un partage des richesses différent et une démocratie plus effective…
C’est à cela que je veux répondre dès aujourd’hui et dans les années à venir.
C’est sur cet espoir que je vous souhaite à toutes et à tous mes meilleurs voeux pour l’année 2013.
Le Président de la République.
Mon premier souvenir à l’Olympia remonte au 31 décembre 2000 : ce jour-là, je passais la soirée du réveillon avec Jamel Debbouze qui jouait pendant 3 semaines à guichets fermés son spectacle “Jamel en scène”.
Depuis, j’ai eu plusieurs fois l’occasion de revenir dans la salle mythique parisienne, et notamment en 2011. Alors, en cette période de fin d’année où les rétrospectives sont de mise, voici 5 artistes qui ont fait l’Olympia en 2011 et que vous aurez peut-être envie de revoir en 2012.
Yodelice
Le 21 mars, je me retrouve à l’Olympia pour le concert d’un artiste que j’avais alors envie de voir depuis un moment : Yodelice, alias Maxim Nucci. J’avais aimé son album “Tree of life”, sorti en 2009 (avec son fameux single “Sunday with a flu) et j’écoutais en boucle son dernier opus “Cardioid” dont toutes les chansons sont une réussite, particulièrement sur le plan musical, rythmé, punchy et créatif.
Les mêmes adjectifs sont applicables à son concert : un vrai bon moment musical où le public a pris son pied au moins autant que le chanteur, visiblement content d’être là et même étonné lorsque les voix venues de la salle ont brillamment couvert la sienne sur la chanson “Sunday with a flu”.
Une mention particulière aussi pour la première partie du concert Hollysiz. Vous ne les connaissez pas ? Normal ça sert à ça les premières parties, à découvrir de nouveaux talents, même si la chanteuse n’est pas une complète inconnue : Cécile Cassel. Oui, fille de et soeur de, mais pas que. J’ai été agréablement surpris par le bon rock délivré par Hollysiz et la très belle voix de Cécile Cassel. A suivre…
Cocoon
Le 26 avril, c’est au tour de Cocoon. Ce duo (Mark et Morgane) hyper sympa connaît le succès depuis la sortie de son premier album “My friends all died in a plane crash” en 2007 et j’avais très envie de voir ce que donnaient sur scène leur musique pop/folk et leur textes poético-cyniques.
Et là, leur naturel est saisissant : entre les chansons, ils se paient des délires assez incroyables avec le public, à base notamment de blagues potaches qu’on aurait honte de voir s’ébruiter. Mais ça tombe bien, on était entre nous.
Côté prestation, leur concert est très fidèle (trop fidèle ?) à ce que l’on peut entendre sur leurs albums. Donc, si on a été conquis chez soi, on le sera tout autant au moins en live. Et rien que pour atmosphère détendue, la simplicité des artistes, et l’ambiance bon enfant du public qui reprend les chansons en choeur, ce concert-là fait du bien.
Lilly Wood & The Prick
Nous sommes le 1er juin et, à la différence des deux précédents concerts, je ne connais que très peu Lilly Wood & The Prick, si ce n’est leur chanson “This is a love song” qui me promettait de bonnes choses. C’est donc davantage par curiosité que j’avais pris mes places pour aller les voir à l’Olympia ce soir-là.
Et je ne l’ai pas regretté : certainement le meilleur concert de cette année pour moi. L’alchimie entre Nili la chanteuse et Benjamin le guitariste est incroyable, leur rock dépote sur scène et ils ont su embarquer tout le public dont l’adhésion était totale. Entre les chansons, on sentait Nili émue à la fois de cette relation particulière et aussi de jouer dans un tel endroit. Lily Wood est vraiment un groupe à suivre et je ne peux que vous conseiller de les voir en live.
Katie Melua
C’est de nouveau poussé par la curiosité que je suis allé à l’Olympia le 6 juin pour voir sur scène Katie Melua, dont je connais bien quelques chansons, mais pas beaucoup plus.
Je savais donc que l’ambiance serait plus calme que celle connue lors des concerts précédents. Et pour tout avouer, c’était en effet peut-être même un peu trop calme pour moi. Mais qu’importe, la voix de Katie Melua est vraiment très belle et ce fut pour moi l’occasion de découvrir l’Olympia dans une toute autre atmosphère : pas de fosse, les gens plus habillés qu’à l’ordinaire, et toutes les générations représentées dans le public qui venait écouter Katie Melua comme on vient assister à un récital.
Stéphane Rousseau
Nous finissons avec quelque chose de complètement différent puisqu’après quatre concerts, c’est au one-man show de Stéphane Rousseau que j’ai assisté le le 21 octobre.
Je ne connaissais de lui que ce que j’avais pu en voir à la télévision, lors d’interventions dans des émissions d’humour ou dans ses duos avec Franck Dubosc mais le personnage me faisait rire.
La scène est encore mieux car elle permet à Stéphane Rousseau d’exprimer tous ses talents : d’humoriste (car il est vraiment très drôle, voire délirant), mais aussi de dessinateur, de danseur, de chanteur (il parodie “si j’étais un homme” de Diane Tell qui devient “si j’étais une femme” et reprend beaucoup plus sérieusement et non moins brillamment “Creep” de Radiohead)…
Ses sketches touchent à tous les thèmes derrière lesquels on sent l’inspiration autobiographique ; la naissance (de son fils) et la paternité, les racines québécoises, la maladie et la mort (de son père notamment)… parfois dans l’humour noir, parfois avec émotion, mais toujours avec finesse et drôlerie.
Si vous êtes en recherche d’un bon one-man show, “Les Confessions de Rousseau” sont pour vous.
En écrivant cette petite rétrospective, je me suis rendu compte que les trois groupes français que j’ai évoqués chantent tous en anglais. Il semble que les artistes français soient décomplexés de ce côté)là et cela donne en tout cas de très bonnes choses.
Un autre point commun que partageaient ces artistes français : ils étaient sincèrement contents, voire émus de jouer à l’Olympia qui continue vraisemblablement de représenter un lieu spécial pour eux. Alors si vous voulez partager ça en 2012, la programmation est ici !
Ensemble, prenons acte.
Près de 30 000 chômeurs supplémentaires au mois de novembre pour la France métropolitaine (oui, on s’épargne les DOMs, ça pique un peu moins) pour un total porté à 2 844 800 personnes au total. Un niveau pas atteint depuis 12 ans. En somme, une performance.
Du coup, on se demande bien ce que notre Ministre du Travail peut en penser de cette performance-là… Et bien figurez-vous qu’il en prend acte. C’est ce qu’il a déclaré dans un communiqué. Il prend acte de cette augmentation, y voyant une “conséquence directe du ralentissement de l’activité économique” (attention, analyse), et assurant qu’il restait “entièrement mobilisé” (ouf).
On n’attendait pas non plus de lui qu’il se flagelle sur place ni qu’il n’endosse toutes les responsabilités de la situation. Mais de là à “prendre acte” quand des dizaines de milliers de personnes supplémentaires se retrouvent sans emploi, il y a quelque chose de déplacé. Je pense que beaucoup de chômeurs auront d’ailleurs envie de prendre acte de l’action de Xavier Bertrand au Ministère du Travail.
Surtout que les perpectives ne sont pas faites pour être rassurantes : “Le chômage, qui frappait jusqu’alors essentiellement les intérimaires et les personnes en contrat à durée déterminée (CDD), commence probablement à s’étendre aux salariés en contrat à durée indéterminée”, nous dit Le Monde. Très bien prenons-en acte.
Quelques minutes après la publication de cette information, une autre tombe : pour faire face à la pauvreté grandissante, les Restos du Coeur ont besoin de 5 millions d’euros supplémentaires… On n’a pas un Ministre qui pourrait en prendre acte ?



